mardi 26 août 2008

Un jardin de Violette

C'est là, juste là. Je n'ose pas traverser, jusqu'à ce jour là. Je pousse la porte, c'est ailleurs. Le temps s'est arrêté, l'ordinaire fait l'extra-ordinaire. Mes paysages volent en senteurs, mes années en couleurs, une fleur pour une humeur.


C'est plus léger que l'air, partir ensemble pour l'apesanteur, s'émerveiller... Synesthésique.

Etre. Ensemble.

mercredi 20 août 2008

Princesse Roro

Le p'tit nom que me prête mon papa depuis 23 ans bientôt.
Et je l'entends déjà à l'entrée de l'église, me dire de son air nonchalant, comme si, un matin de plus on partait à l'école, "En route Princesse Roro ?".

Gaz de soie et lin - Reinaldo Alvarez

Elle me plait par dessus toutes les Max Chaoul, elle me plait par dessus toutes les plus fines broderies, elle me plait parce qu'elle est simple, essentielle, avec un soupçon de rétro.

NB : Post inspiré de la bonne nouvelle du jour...

lundi 18 août 2008

Summer Office

Oui, je sais que cela fait longtemps, et comme moi vis-à-vis des blogs que je parcours régulièrement, vous vous êtes peut-être insurgés contre tous ces bloggueurs qui abandonnent lâchement leurs lecteurs pendant les congés d'été.

Et vous avez raison ! J'ai effectivement arrêté d'écrire les fesses dans l'eau, les cheveux au vent... liquéfiée derrière mon 44 pouces, desséchée par le ventilo. Ah l'été au bureau... On se fait un roi du silence au détour d'un couloir, on se persuade d'être créatif tout embétonnés que nous sommes alors que les SMS from oversea affluent et quand le fixe sonne, on croit à l'alerte incendie.

Oui mais l'été au bureau, c'est aussi ces p'tits moments volés autour d'une cigarette, ceux où l'on a le temps d'écouter le récit d'un week-end entier, de prêter attention à tous ces prénoms, ces lieux, ces détails qu'on n'avait pas relevés jusqu'alors et qui se mettent à danser autour du conteur, et qui nous entrainent toujours un peu plus loin dans la valse des rapports humains. C'est cette période où ce qu'on croirait être manque est nourrit d'apaisement, où l'on réalise combien ce qui semblait indispensable n'est que poids. Alors on en profite pour rééquilibrer la balance et on savoure l'équilibre.

Puis vient le temps des retours, qu'on n'aurait jamais voulu vivre... Les résolutions volent en éclat, les sentiments reprennent leurs droits et finalement, c'est là l'indispensable.

dimanche 27 juillet 2008

Ca brûle, je vis

Je voudrais vous parler des milliers de choses qui me fascinent, je voudrais pouvoir vous entrainer dans mes délires créatifs, dans les frasques de mon imaginaire, dans ce qui me fait rire, dans ce qui me passionne... Pourtant en ce moment je n'y arrive plus parce que j'ai besoin chaque jour d'expulser ce qui me fait violence, et rien d'autre que L'Autre ne peut me faire violence.

Rubens - La chute d'enfer des damnés
Huile sur toile 225x288 cm - 1620

Peut-être trouvez-vous cela triste, mais pour moi c'est un choix. Ayant conscience de mes faiblesses sur ce terrain là, j'ai choisi de les laisser être plutôt que de les combattre, pour mieux m'appuyer ailleurs. J'ai édifié une forteresse autour de mon coeur, tout y est stabilité, volonté, il y a là de quoi supporter même un peu de la détresse étrangère mais la cour centrale n'est qu'un vaste puits où je laisse en ébullition mes sentiments. Plus ils menacent de jaillir au delà de mes murs, plus je construits haut. Je suis plus à l'aise quand je fais ma ronde sur ma sentinelle de pierre, évidemment, la lave me terrifie, elle brûle mais jamais je n'éprouve plus grande vie que lorsqu'elle fait mal ou qu'elle me chauffe de ses grands jets pourpres.

Description d'une banalité affligeante me direz-vous, et vous aurez raison. Mais une fois de plus, j'expulse, je m'écris, je ne cherche pas à vous apprendre.

vendredi 25 juillet 2008

N'en faire qu'à sa tête

Cette fois ci, celui qui tentera encore de me raisonner finira fou avant d'avoir réussi son pari (et c'est valable pour toi, exécrable petite raison qui loge dans un coin de ma tête).
Non mais saperlipopette, il aura encore fallu que je la retente cette expérience du "faire ce qu'il faut" à défaut de "faire ce que je veux", pour me rappeler que même ce qu'on sait être rationnellement mauvais a une raison d'être quand on le désire.
Alors oui c'est chiant parce qu'après tout le monde se prend les éclaboussures de mon p'tit coeur qui s'éclate sur les montagnes russes (excuses infinies mes chères amies du bureau des pleurs), mais au moins ça sonne juste.
Les bonnes résolutions sont mises au placard jusqu'à nouvel ordre, je n'en fais qu'à ma tête et j'aime ça.

mardi 22 juillet 2008

Extrait d'un tout

My name is Hallam Foe

Chuuut... Tu te nourris de sa présence, tu l'observes tapis dans le noir parce que ça suffit à ton bonheur, parce que quand il est à portée de vue, il peut vivre dans ta tête. Tes rêves te donnent des ailes, tu figerais le temps pour vivre encore dans ces paysages. Ca te suffit et ça te comble, tu n'as pas besoin qu'il te touche parce que tant que tu rêves tu n'as pas mal, parce que s'il te regardait, ce serait si irréel que tu croirais ne l'avoir jamais vécu.

"Pince-moi", tu te rappelles ?

lundi 21 juillet 2008

mercredi 16 juillet 2008

Et puis zut !

J'ai envie de rire autant que de pleurer, j'aimerais envoyer valser ce blog quand je vois ce ramassis de tristesse et puis je me dis zut on s'en fiche, quand j'en lis d'autres que je n'aurais pas aimé qu'on efface.

C'est la valse dans ma tête, idées et sentiments sont à la fête, fatigué de s'épancher sur son sort, le comité des torts s'est dit qu'il était temps de faire quelques claquettes.

Toutes les couleurs pour mon p'tit coeur ce week-end, et comme c'est peut-être trop, il s'est accordé un peu de repos. Ironie et légéreté l'ont relayé pour venir vous raconter...

- Aïe, aïe , aïe ça pique, ça fait mal, mais je m'en moucherais encore de bonheur, parce que... J'étais bien, vraiment.

- Ca fait du bien de n'en faire qu'à sa tête et puis tant pis pour le reste.

- Je grandirai un jour mais laissez-moi encore faire des bêtises, parce que même si ça fait peur, ça fait beaucoup de bonne humeur...


Ce matin j'ai pris le bus. Il faisait beau. Je portais ce dont j'avais vraiment envie. C'était simple. Il a fait beau toute ma journée.

mardi 8 juillet 2008

De l'utilité d'un blog

Depuis que tu existes, je vide. Ce n'est plus la déchirure que je vomis de toute mon encre mais plutôt l'envie de te parler, de t'animer. La profondeur s'estompe à mesure des messages, j'en arrive à la futilité. Je te déteste parce que j'aurais voulu que tu ne leur ressemble pas, dans un souci de diversité bien sûr, mais aussi, je m'en rends compte aujourd'hui, parce que tu incarnes narcissisme et égoïsme. Pourtant, tu m'es nécessaire, tu supportes mes maux et je peux enfin te regarder en face.

Ne compte pas sur moi pour t'offrir les grands titres, je suis trop consciente que tu ne fais vraiment sens que pour moi. Mais au fond, c'est déjà beaucoup. Tu te caches de tes visiteurs, mais leurs traces me rattrapent toujours. Chaque lecteur est violence, parce que c'est un regard de plus sur ma mise à nu, pourtant, je l'ai voulue. J'ai voulu que ceux qui veulent voir regardent, pour que je n'ai plus rien à cacher. Je ne cherche pas l'exhibition, seulement la transparence.

Ohhhh, mais je suis bien consciente de la névrose que trahissent ces mots, c'est justement une tentative de salut. Et puis il y aussi derrière tout cela le mal d'un siècle... Celui qui nous permet de glaner les détails tapis derrière l'écran, celui qui nous offre le voyeurisme sous couvert de sociabilité, alors même qu'il nous dé-sociabilise. Le temps charmant que l'on savait passer à la découverte de l'autre par le dialogue est allé se réfugier dans la solitude, nous laissant explorer seul les joies d'être ensemble. C'est poison, pathétique mais ça me va.

Pour finir, laissez-moi relever le silence hurlant dans lequel on a dû s'enfermer malgré nous, pour avoir tellement besoin de prendre la parole seul. Se raconter en pleine page sans laisser aucune chance à un éventuel interlocuteur de nous couper la parole ? Loin d'être insignifiant, non ? Finalement, peut-être touche-t-on du doigt le moyen le plus accessible que l'on ait inventé pour se dire, et pour certains, pour s'offrir l'écoute. C'est avant tout dans ce profond besoin d'expression que l'art avait déjà pris pied, mais le blog semble avoir des qualités plus consensuelles.

Il serait peut-être temps de ne faire de l'orgueil qu'un demi-péché...

I'm not going to think about...